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Le stockage de l’eau pour faire face à la sécheresse, pour ou contre?

Face au manque d’eau, première conséquence des chaleurs extrêmes, les responsables locaux cherchent des solutions pérennes dont la mise en œuvre est rapide. A ce titre, plusieurs communes touristiques ont envisagé de recourir à l’eau de mer, ressource facilement accessible pour elles, en faisant aménager des usines de désalinisation. D’autres, comme les Deux-Sèvres, prévoient la construction de réserves d’eau et ont lancé des projets d’aménagement de bassines de stockage de grande ampleur (plus de 400 000 m3). Ces techniques sont toutefois coûteuses et souvent décriées par les protecteurs de l’environnement. Il est nécessaire de faire le point avec David Zeitoun, fondateur et Président de ED Hydrologie.

Certains dénoncent le recours aux barrages et aux bassines au regard de l’expérience espagnole. L’Espagne a longtemps été vue comme un modèle de gestion de l’eau. Ces cinquante dernières années, plus d’un millier de grands barrages ont ainsi été aménagés, faisant de l’Espagne le pays le mieux doté au niveau européen. Mais ces aménagements auraient asséché les sols et les bassines ne seraient plus remplies qu’au tiers. Que répondez-vous à ces critiques ?

Il faut comprendre que le sujet du stockage de l’eau dans les bassins de stockage ouverts est problématique dans des régions semi-arides. Les hautes températures causent des coefficients d’évapo-transpiration de l’ordre de 30% à 40%. Ainsi seulement 70% de l’eau stockée peut être réutilisée.

Dans les zones semi-arides, il faut privilégier les stockages d’eaux sous terre. Ceci permet de réduire les effets de l’évaporation de l’eau.

Les aménagements espagnols ont été développés au service de cultures très consommatrices d’eau, notamment le maïs utilisé pour nourrir les animaux. Dans le cas de la France, ce n’est pas ce dont on parle. Les solutions proposées sont une pierre d’un édifice plus global qui va conduire à adapter la ressource, l’environnement et l’activité elle-même.

Les technologies développées s’inscrivent dans un cycle de récupération qui vise à réutiliser de l’eau qui serait perdue sans ces installations. L’équilibre est vertueux. Qui plus est, il est pensé globalement sur la base de modélisations qui permettent d’évaluer les effets sur le moyen et le long terme. Chaque outil développé s’inscrit dans une stratégie hydrique élaborée à l’échelle du bassin versant, de l’exploitation.

L’équilibre hydrique des aquifères est étudié à l’aide de modèle numérique qui permet de tester le design du pompage par rapport à l’équilibre hydrique de l’aquifère. La législation française encadre ces pratiques et constitue un garde-fou contre les abus et les effets indésirables.

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