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Quel avenir pour votre maison construite sur un sol argileux?

La sécheresse qui a sévi en France cet été n’a pas seulement impacté les cours d’eau et les nappes phréatiques ; elle a eu pour conséquence de fragiliser un grand nombre de maisons construites sur des sols argileux (soit 48 % du territoire français métropolitain). Façades fissurées, portes déformées, dallages soulevés sont les manifestations concrètes de l’effet du Retrait-Gonflement des Argiles (RGA). On estime en France que plus de la moitié du parc des maisons individuelles pourrait être impactée plus ou moins fortement par le RGA. Plus de 3 millions de maisons, soit 16% du parc, sont même situées en zone de « risque fort ».

Le docteur David Zeitoun, Président et fondateur du cabinet ED Hydrology nous explique le phénomène et les solutions existantes pour y remédier.

Docteur Zeitoun, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots le phénomène de Gonflement des Argiles ?

Ce phénomène concerne les sols argileux. Il se produit lorsqu’un changement de teneur en eaux modifie la saturation à l’intérieur des pores du sol. Après une période de sècheresse, les premières pluies augmentent la teneur en eau dans le sol.  Ce phénomène d’hystérésis est caractéristique du comportement des sols argileux. Observé depuis de nombreuses années en France, il entraîne des contraintes dans les fondations des bâtiments. Avec la sécheresse, le sol argileux se vide et quand l’eau de pluie revient, le sol gonfle. La succession des épisodes de sécheresse amplifie le phénomène d’instabilité qui en résulte. Cela peut aller jusqu’à provoquer l’effondrement des bâtiments construits sur ces sols.

Avec le réchauffement climatique, les cycles de « humidification-dessiccation» vont s’accélérer et vont accentuer la fragilité des sols argileux. Quelles solutions existent pour renforcer et sécuriser le bâti construit précisément sur ces sols ? 

Il faut distinguer les projets de construction et le bâti, la prévention et la réparation.

Le recours à l’installation de micro-pieux, semblables à des pilotis, solution brevetée depuis plusieurs années en Israël, me semblent tout à fait pertinent. Les fondations du bâtiment sont pensées de telle façon qu’il existe un espace entre le sol et la maison. Le vide ainsi créé permet au sol de gonfler sans endommager les fondations de la maison. Mais si cette solution est parfaitement adaptée pour les bâtiments en cours de construction, elle ne convient pas pour les bâtiments déjà construits.

Pour ceux-ci, je conseille l’installation d’un système de contrôle de de puits autour des bâtiments. Il s’agit de maintenir un niveau hydrique du sol argileux constant. Pendant les périodes de précipitations, l’eau est collectée dans les puits et ne va pas s’écouler directement dans le sol argileux. Le degré de saturation du sol est ainsi maintenu identique tout au long de l’année. L’argile ne gonfle pas. Pendant les périodes de sécheresse, l’eau collectée permet de maintenir un niveau hydrique du sol satisfaisant. Ce système installé dans beaucoup d’endroits en Israël a montré son efficacité. Il casse la logique des cycles de « humidification-dessiccation » qui endommagent les installations.

Les solutions dont vous parlez sont-elles des solutions pérennes ? Répondent-elles aux phénomènes de RGA sur le long terme ? Et quel est leur coût ?

Nous avons suffisamment de recul aujourd’hui en Israël pour affirmer que ces solutions sont efficaces sur le long terme. Elles ont permis à la fois de conforter les bâtiments déjà construits et de développer des programmes immobiliers neufs tout à fait sécurisés. Et Israël construit fréquemment en hauteur, des immeubles de plus de 15 étages.

Quant au coût, pour une maison en Israël de 200 m² au sol, il est en moyenne de 100 000 ₪ (soit 35 000 €) pour l’installation de puits.

Pour les micro-pieux, s’agissant de constructions nouvelles, les frais sont inclus directement dans le programme de construction.

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