L’épisode de sécheresse de l’été 2022 en France et en Europe se poursuit cet automne. Les températures n’ont jamais été aussi douces en octobre que cette année. Si cette météo fait le bonheur des amateurs d’été indien, elle s’avère très difficile à gérer pour de nombreux professionnels. Face au manque d’eau, première conséquence des chaleurs extrêmes, les responsables locaux cherchent des solutions pérennes et rapides à mettre en œuvre. A ce titre, plusieurs communes touristiques ont envisagé de recourir à l’eau de mer, ressource facilement accessible pour elles, en faisant aménager des usines de désalinisation. Cette technique est toutefois couteuse et souvent décriée par les protecteurs de l’environnement. Il est nécessaire de faire le point avec David Zeitoun, fondateur et Président de ED Hydrologie.
En quoi consiste l’installation d’une mini-usine de désalinisation ?
Les mini-usines de désalinisation (fixes ou mobiles) sont nécessaires pour l’approvisionnement en eau potable et industrielle dans les zones reculées, les hôtels, les hôpitaux, les plateformes offshore, les navires, etc.
Lorsque la capacité de stockage est disponible, une petite unité mobile de désalinisation (ou dessalement) peut être mise en rotation et fonctionner périodiquement desservant plusieurs communautés réparties sur une vaste zone de pénurie d’eau. Le choix du processus de dessalement est déterminé par la chimie et l’état physique de l’eau d’alimentation, les exigences de qualité de l’eau produite et la source d’énergie disponible pour alimenter l’usine de désalinisation.
Quel est le principe moteur de cette technologie ?
Il existe aujourd’hui plusieurs technologies de traitement de l’eau salée. A l’origine, les premiers brevets étaient israéliens. Ils étaient basés sur la distillation de l’eau.
Aujourd’hui les principales technologies sont la distillation à effet unique et à effets multiples, la compression de vapeur, le flash multiétages, l’électrodialyse, l’osmose inverse, la distillation solaire et les installations à énergie solaire, la congélation, l’échange d’ions, le processus au solvant et la membrane de distillation.
Quel est le coût moyen d’un tel équipement ? Quelles sont les durées de construction et de mise en service ?
Les coûts d’une mini-usine sont extrêmement variables et dépendent du projet. Pour une exploitation comme une ferme, il faut prévoir un coût de de 100 000 € couvert en partie par les économies d’eau réalisées. On est donc très loin du coût de l’usine en cours de construction à Palmahim en Israël, évalué à 1,2 milliard d’€.
Les critiques à l’encontre de ce type d’usines sont connues. On leur reproche notamment de rejeter dans la mer en grande quantité les eaux saumâtres et de mettre à mal les éco-systèmes. Qu’en est-il ?
Ceci est un problème de législation. Aujourd’hui on impose en France un traitement de l’eau transformée dans l’usine de désalinisation avant le rejet en mer.
Existe-t-il des infrastructures moins coûteuses, moins polluantes et mieux adaptées aux structures plus petites ?
Il y a une grande gamme de systèmes et de types de traitement. Il faut demander les conseils d’un spécialiste qui orientera vers le choix optimal. Ce choix doit prendre en compte toutes les différentes données du projet – y compris son écosystème.

